Les partenaires
Présentation des partenaires
Présentation des Industries françaises de l’ameublement.
L'Unifa (Union nationale des Industries françaises de l'Ameublement), syndicat professionnel crée en 1960, a pour mission de soutenir et favoriser le développement des industriels français de l'ameublement à l'échelon national et international.
C'est un centre de réflexion, d'échanges et de rencontres pour les industriels, quels que soient leur taille, leur spécialité, leur marché et les matériaux qu'ils utilisent.
L'Unifa met au service de la profession des outils qui contribuent à accompagner, de la manière la plus pragmatique possible, le développement d'une entreprise industrielle du meuble, de l'organisation de sa production, à sa politique commerciale. Cette industrie regroupe 683 entreprises de plus de 20 salariés, compte près de 112 000 salariés, pour un chiffre d'affaires de 10 milliards d'euros.
Convention
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Les discours
Discours de C.Mollard & JP de Gaudemar
Transcription des discours réalisés pour la signature de la convention de partenariat entre le Ministère de l’Education nationale, le CNDP et les Industries françaises de l’Ameublement :
Claude Mollard, directeur général du CNDP et conseiller pour les arts et la Culture auprès du Ministre de l’Education nationale.
« Mesdames et messieurs,
Lorsque des représentants d’un grand ensemble d’entreprises comme la filière de l’ameublement se disent prêts à collaborer avec l’Education Nationale nous disons bravo !
Si Jack Lang n’est pas présent ce soir, il est de cœur avec nous. Et sans sa volonté, nous n’aurions pas lancé ce plan de 5 ans. A peine arrivé rue de Grenelle, il a souhaité imprimer au Ministère de l’Education nationale cette marque d’ouverture à la création artistique. Tout comme d’ailleurs en 1981, quand il arrivait rue de Valois, et j’en suis témoin, il a voulu, avec le Président de la République de l’époque, François Mitterrand, que les designers soient partis prenante, symboliquement, de l’Etat : François Mitterrand appelait les Starck, Wilmotte, et autres Andrée Putman a décorer l’Elysée et par la suite d’autres Palais nationaux. Non pas par goût du prestige mais parce que, pour eux, comme pour nous, il était important que les créateurs reçoivent une reconnaissance de la part de l’Etat. Mais derrière les créateurs, il existent des entreprises et des industriels qui participent à inscrire cette forme de création dans la vie quotidienne. A cette époque, j’étais responsable du Mobilier National. Nous avons voulu que le Mobilier National porte cette volonté. Vingt ans plus tard, de la même manière, Jack Lang souhaite vivement que les artistes entrent dans les classes.
Les témoignages des artistes designers que nous venons d’entendre étaient émouvants, exprimant à la fois leur émotion, leur joie, une fraîcheur, une abstraction des contraintes et en même temps, la nécessité d’apprendre la création dans la contrainte. C’est là la richesse et la grandeur de notre tâche, mais aussi à la difficulté de l’acte d’éduquer : concilier la liberté, la créativité et en même temps la contrainte.
Je voudrais faire quelques observations au terme de cette journée :
D’abord sur la méthode : je crois que nous avons essayé de marier le travail quotidien de la pédagogique, souvent obscur, et la mise en valeur publique de ce travail. C’est la méthode de Jack Lang : il nous invite à marier ce travail en profondeur avec celui d’une mise en échos, d’une révélation au grand jour. Ce mot a d’ailleurs été prononcé tout à l’heure. Cette valorisation permet aux multiples talents réunis de faire exemple. La notion d’exemplarité a toujours été très présente au sein de l’Education Nationale. De ce point de vue, la signature du protocole d’accord entre les 4 partenaires présents à cette table est une manière de pérenniser ce qui a été entrepris.
J’ai noté une deuxième observation: cette idée de transfert des connaissances à partir de l’art. Ce matin, je parlais de pédagogie triangulaire, de pédagogie de projet. Or, dans les compte rendu des uns et des autres, j’ai été frappé par le fait que, volontairement ou involontairement, à travers le design, étaient abordées la poésie, l’écriture, la musique et d’autres domaines…avec toujours cette même idée de la pédagogie par la culture du désir. Cette culture du désir s’exerce par l’apparition de l’artiste dans la classe. Nous y sommes particulièrement sensibles et souhaitons la développer par le plan pour les arts et culture à l’école.
Le troisième thème que je souhaiterais développer est celui des partenariats :
Ce que nous entreprenons de faire ici, avec des entreprises, s’apparente à ce que nous tentons de faire sur tout le territoire avec des pôles de ressources, qui associent autours d’une structure culturelle (un théâtre ou un festival de cinéma, un conservatoire de musique ou une école d’art…) à la fois un IUFM et un CRDP pour développer des activités de formation de formateurs, pour accumuler des expérience, donc de la documentation, donc de la ressource pédagogique.
C’est la même chose ici, dans le domaine du design mais, toute proportion gardée, non pas avec des culturels mais avec des industriels proches du terrain.
J’ai eu l’occasion de visiter une école primaire, à côté de Guéret, qui travaillait sur des mobiliers. J’ai été frappé de constater que dans une France rurale, où les écoles sont souvent enclavées, où les communications sont parfois difficiles, le designer Chérif, prenait le train, venait à Guéret, plusieurs fois par ans, assurait des liaisons personnelles avec une classe ou plusieurs classes, participait à une mission … De notre part, dans le cadre du service public de l’Education nationale, priorité doit aller vers les zones rurales enclavées difficiles d’accès et vers les banlieues en difficulté. Ces deux priorités figurent dans le plan arts et culture et vous, industriels et créateurs, vous êtes invités à participer à cette grande mission du service public. Que vous en soyez ici profondément et sincèrement remerciés.
Dans ce domaine, un mot sur le rôle du CNDP et des CRDP. Nous sommes signataires de cette convention afin d’apporter une valorisation des ressources qui seront réunies à partir des expériences déjà menées. Le design à l’école est un domaine récent, il existe encore peu de ressources dans ce nouveau domaine. Et il y a urgence pour que le meilleur des expériences puisse être mis à la connaissance du plus grand nombre d’enseignants. Je lance un appel aux professeurs et designers porteurs d’expériences intéressantes pour que nous puissions les communiquer, les transcrire, sous forme de films, de livres, de CD-Rom, de DVD… tous les supports sont envisageables.
Je voudrais terminer en remerciant MONSIEUR HENRI GRIFFON, Président de l’Union Nationale des Industries Françaises de l’Ameublement, mais aussi MADAME MAUREEN CORI pour cette initiative exemplaire, aujourd’hui rendue possible grâce à tant de conviction et d’énergie.
Je remercie également MESSIEURS PHILIPPE A. MAYER, président du VIA, et GERARD LAIZE, son directeur général, ainsi qu’YVES GRADELET et PHIL BEROSKE pour la qualité du soutien à la valorisation de « Mobi-découverte » à travers une exposition dans la galerie du VIA, qui circulera dans toute la France.
Je tiens aussi à remercier un absent, MONSIEUR JOSEPH GRANGE, Président du CODIFA, l’organisme qui gère la taxe parafiscale du secteur de l’ameublement. Il a fait preuve d’une grande force d’engagement pour initier et développer ce projet avec l’Education Nationale, mais aussi permettre qu’il puisse sortir du domaine de l’expérimental pour toucher le plus grand nombre d’élèves possible, avec toujours le même souci de qualité.
Merci !»
Jean-Paul de Gaudemar, Directeur de l’Enseignement scolaire – Ministère de l’Education nationale.
« Mesdames et messieurs,
C’est au nom de Jack Lang que je vais avoir le plaisir et l’honneur de signer cette convention entre notre Ministère et les organisations professionnelles que j’ai le plaisir de saluer à cette tribune, l’UNIFA et le CODIFA, représentés par Monsieur Griffon, ainsi que cet organe original que vous avez appelé Valorisation de l’Innovation dans l’Ameublement. Ce type d’institution n’est pas toujours présent dans les secteurs industriels. Le fait que vous vous en soyez dotés est déjà le signe d’une certaine dynamique professionnelle. Et puis, bien entendu, le CNDP, outil très important pour l’accompagnement de notre politique pédagogique au sein de notre ministère.
Claude Mollard et Henri Griffon ont chacun dit, à leur manière, l’essentiel de l’intérêt de cette convention, je serai donc très rapide. Néanmoins, j’aimerais dire à quel point elle rejoint nos priorités, et tout particulièrement celles de l’école primaire puisque cette convention se donne, au moins comme base de départ, une priorité à l’école primaire. Ce n’est pas si fréquent de nouer un partenariat avec des organisations professionnelles pour ce niveau.
Le premier aspect que je souhaite évoquer est extrêmement simple : comme Claude Mollard l’a rappelé, cette convention s’inscrit très directement dans une des grandes priorités du Ministre, à savoir le développement de l’éducation artistique et de l’action culturelle. En une seule année, le plan à 5 ans que nous avons essayé de concrétiser à travers cette forme particulière de classes, dites à projet artistique et culturel (PAC), a déjà pris une place importante à l’école primaire. Mais j’aurais volontiers envie d’insister sur ce qui me paraît particulièrement intéressant : cette convention concerne un domaine artistique qui n’occupe pas une place très importante aujourd’hui dans notre système d’enseignement. Nous pouvons faire, à travers cette initiative, la démonstration que l’éducation artistique et culturelle pour laquelle nous plaidons n’est pas simplement destinée à conforter des activités artistiques et culturelles qui tiennent depuis longtemps le haut du pavé à l’Education Nationale, mais c’est aussi pour nous une occasion exceptionnelle de développer d’autres approches artistiques, plus originales, plus récentes, que nous connaissons par là même beaucoup moins bien, excepté à des niveaux de formations plus élevés, des approches spécialisées qui ont actuellement une place relativement modeste dans notre système d’enseignement primaire et secondaire. Peut-être sont-ce les prémices d’évolutions futures qu’il est difficile aujourd’hui de distinguer, mais qu’il sera très intéressant de suivre, dans leurs effets sur notre capacité à investir des domaines artistiques nouveaux. Cette originalité mérite d’être soulignée. Ni les classes à PAC, ni l’éducation artistique en général, ne doivent être considérées comme dédiées aux seuls grands domaines culturels que nous avons coutume de pratique à l’école comme les arts plastiques, la musique, le théâtre, le cinéma, la littérature… Il y a vraiment place pour de nouveaux domaines émergents.
Le deuxième élément à noter est d’une portée considérable. Il s’agit évidemment de la méthode. Elle vaut, d’une manière générale, pour les classes à PAC, à travers une pratique consistant à mettre les élèves en face de praticiens d’un domaine artistique.
L’appellation qui a été donnée à la fois à la phase expérimentale, mais aussi au projet global, à savoir non seulement « Mobi-découverte » qui fait référence bien évidemment à la découverte de l’univers du meuble et de l’ameublement, mais aussi le sous-titre « Les enfants designers », en est l’expression. Nous pouvons toujours craindre, surtout lorsque l'on travaille avec des enfants de relatif jeune âge, que leur rapport avec l’activité proposée soit plus passif que souhaité. Viser l’objectif d’«enfants designers », c’est d’emblée affirmer que nous souhaitons mettre en œuvre des démarches pédagogiques où l’enfant devient l’acteur de sa propre pratique. De ce point de vue, il est clair que nous sommes parfaitement en phase avec ce que nous voulons faire dans les classes à PAC, mais cela rejoint aussi d’autres préoccupations que nous avons pour l’enseignement primaire. Par exemple, avec ce que nous voulons promouvoir dans le domaine de la rénovation de l’enseignement des sciences pour lequel nous essayons de faire découvrir précisément à l’enfant ce qu’est une pratique scientifique qu’il élabore lui-même, qu’il contrôle lui-même, qu’il décrit lui-même, et qu’il évalue lui-même, le tout, évidemment, avec l’aide permanente et les conseils de ses maîtres. L’essentiel est que l’élève se positionne d’emblée dans une attitude active vis-à-vis de son apprentissage. C’est un principe éducatif, formateur que nous souhaitons développer, et que l’éducation artistique, telle que nous la préconisons, va certainement encourager.
De ce point de vue, je crois que l’on peut espérer d’éventuels transferts et d’éventuelles importations des pratiques adoptées avec « les enfants designers » dans les autres apprentissages, grâce aux aspects interdisciplinaires intrinsèques que comporte à l’évidence le design en faisant appel à toutes sortes de savoirs. Cela montre que l’on aurait tort de considérer l’éducation artistique comme une sorte de supplément d’âme que nous apportons à l’école primaire. Non ! C’est quelque chose que nous souhaitons absolument intégrer au cœur même de la démarche d’apprentissage. A mes yeux, l’originalité du domaine dont nous parlons aujourd’hui peut y apporter une contribution extrêmement importante.
Dernière remarque sur l’originalité de ce que nous faisons aujourd’hui : nous signons beaucoup de conventions avec les organisations professionnelles. C’est pour nous un mode d’organisation constitué en modèle à travers ce qu’il est convenu d’appeler « l’enseignement professionnel à la française », dont nous savons qu’un certain nombre de grands pays nous l’envie. Ainsi, nous avons coutume de signer, avec des organisations professionnelles de toute nature, des conventions dans lesquelles nos partenaires apportent une contribution tout à fait essentielle à l’apprentissage d’un métier, ne serait-ce qu’en d’accueillant nos élèves dans des stages, mais aussi dans ce que nous appelons des « périodes de formation en entreprise ». C’est une façon de reconnaître le rôle pédagogique de l’entreprise : il y a des choses qui ne s’apprennent que dans l’entreprise. L’Ecole, malgré tous ses talents et toutes ses compétences, ne saurait apporter les contenus correspondants, simplement parce qu’elle n’est pas faite pour cela. Ainsi, l’originalité de la convention que nous signons aujourd’hui réside dans le fait que la finalité de notre collaboration n’est pas l’apprentissage d’un métier comme ce le serait pour des classes préparant au CAP ou au baccalauréat professionnel, mais la participation à la culture générale, à la formation de base, d’autant plus de base, que nous parlons de la « base des bases », l’école primaire, celle des tout premiers apprentissages qui sont en même temps les plus fondamentaux, comme chacun sait. Nous n’avions pas de partenariats avec des industriels pour l’école primaire. Je suis heureux que ce soit là une occasion d’innover sur un mode qui me paraît tout à fait satisfaisant.
Nous qui sommes toujours attentifs à ce que l’intérêt des enfants soit premier dans tous les types de partenariat, que ce soit avec des professionnels ou avec n’importe quel autre partenaire extérieur, nous savons qu’en aucun cas, il ne s’agirait d’instrumentaliser nos jeunes élèves dans quelque direction que ce soit . L’Ecole est faite pour les enfants, et non pour quiconque d’autre ! Ce dont je voudrais remercier ici nos partenaires, c’est de l’esprit dans lequel est signée cette convention qui est bien de vouloir apporter aux enfants des écoles une dimension que seuls ils peuvent apporter : une ouverture aux multiples formes de création en matière de design mobilier et d’habitat.
Il y a évidemment aussi un enjeu sur le long terme, par rapport à une sensibilisation à ce qui peut n’apparaître que comme de simples objets de la vie quotidienne, mais qui sont eux-mêmes porteurs de valeurs, d’investissements créatifs, de culture et d’art. Il s’agit de faire découvrir aux enfants que ce qui constitue leur environnement quotidien est le produit d’une culture. C’est pour nous très intéressant, et j’espère que de ce point de vue, nous aurons la possibilité de reproduire un partenariat de ce genre avec d’autres milieux professionnels. Sachez, sans mauvais jeu de mots, que vous faites école avec nous !
Un dernier point : il est bon que nous signions cette convention après un an d’expérience, après avoir testé une façon de travailler. Nous ne partons pas en aveugles dans l’inconnu. Les quelques 40 classes qui ont expérimenté ce dispositif nous ont appris des choses. Cela aussi, je crois que c’est une bonne méthode : pragmatique, concrète et, là encore, je crois que cela pourrait être une méthode à transposer ailleurs.
Pour toutes ces raisons, je suis très heureux de signer cette convention et je lui souhaite longue vie ! J’espère que nous saurons ensemble la faire prospérer dans le sens espéré et qu’elle nous aidera à ouvrir l’horizon le plus large possible pour les enfants qui en bénéficieront.
Merci ! »
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